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Intervention de l'Administrateur Délégué à la semaine française

SNEL obtient l’appui des sociétés françaises


La semaine française de Kinshasa, organisée du 28 au 31 mai 2014, s’est terminée sur une note positive. Car elle aura permis de rapprocher les investisseurs français et congolais et baliser la voie pour le démarrage d’un partenariat entre les deux pays qui partagent un même outil de communication : la langue française.
C’était une occasion pour la SNEL (Société nationale d’électricité) de présenter son état des lieux, ses projets et ses besoins ; mais surtout les opportunités à saisir, afin d’accompagner la République démocratique du Congo qui se développe au jour le jour. Voilà pourquoi l’Administrateur-Délégué de la SNEL, Eric Mbala Musanda, a lancé un appel aux investisseurs français, afin qu’ils viennent à la SNEL.
L’entreprise est dans un tournant décisif et développe un vaste programme de réhabilitation et de modernisation de ses infrastructures et installations, a indiqué M. Eric Mbala. Ce programme apportera un réel changement pour le bien des populations et des industries, a-t-il dit, avant de faire remarquer que la SNEL partage un passé historique avec les entreprises françaises qui sont intervenues dans la construction des infrastructures électriques en République démocratique du Congo.
Il a rappelé, pour ce faire, les interventions des sociétés ALSTOM INTERNATIONAL, TRACTOBEL et EDF qui a travaillé comme ingénieur conseil dans la construction des centrales hydroélectriques d’Inga 1 et d’Inga 2. Même les ancêtres de la SNEL ont bénéficié du concours des sociétés françaises, a dit l’ingénieur Eric Mbala. Il a précisé que la SNEL a besoin d’un encadrement en matière de la formation des cadres et de la mise en place d’un programme d’assistance technique et de la gestion commerciale.
Sur ce dernier volet, Eric Mbala a exprimé la nécessité de voir les entreprises françaises s’impliquer dans la fourniture et l’installation des compteurs à pre paiement qui est un marché encore vierge en RDC. Il a rassuré, à cet effet, les investisseurs français que son entreprise, devenue une société commerciale, dispose d’un cadre juridique favorable au partenariat public-privé. Il a été reconnu par ailleurs, au cours de ces échanges, qu’il y a une meilleure distribution de l’électricité dans les zones industrielles de la RDC. Et, en plus, on note une montée en puissance de sociétés françaises en RDC.
Et dans le domaine de l’électricité, la société ALSTOM est venue pour la réhabilitation des centrales hydroélectriques du Katanga et d’Inga. Elles participent également à l’élaboration de futures étapes du projet de développement du site d’Inga qui prévoit la construction d’Inga 3, jusqu’à Inga 8.
Cela, d’autant plus que la loi sur l’électricité, qui attend sa promulgation, est une large ouverture que se donne la RDC pour sécuriser le secteur. Il s’agit aussi de mettre en confiance les partenaires étrangers privés dans la mesure où le domaine de l’électricité appelle des capitaux très élevés, a soutenu M Eric Mbala.
Le but poursuivi est de rendre le secteur attractif et relever le taux de desserte nationale en électricité, encore à 9%, a indiqué l’AD de la SNEL.
Une vision qui coïncide avec celle du gouvernement dont le Premier ministre Augustin Matata Ponyo a dit, à l’ouverture de la semaine française, que la RDC est une terre d’opportunités. Il a affirmé que son pays sera dans un proche avenir un Eldorado des investissements étrangers et il était opportun que les investisseurs français soient présents dans le premier pays francophone au monde.

Bruno Kapanji Kalala : « J’aime la Snel »
Le ministre des Ressources hydrauliques et électricité Bruno Kapanji Kalala a fait lui aussi un exposé devant les investisseurs français au cours duquel il a présenté les opportunités qui s’offrent à ses investisseurs dans les domaines de l’eau et de l’électricité. Il a peint le tableau du secteur de l’électricité et a noté des progrès sensibles dans ce domaine. M. Kapanji a rappelé le vœu du gouvernement qui veut doubler le taux actuel de l’électricité, par le recours au partenariat public-privé. C’est ici qu’il a fait un appel aux investisseurs français pour profiter de l’amélioration du climat des affaires en RDC et à la loi sur l’électricité en attente de sa promulgation.
Par ailleurs, le ministre Kapanji a salué les efforts de la Snel qui a mis en place un programme de réhabilitation et de modernisation des infrastructures et des installations électriques sur l’ensemble du pays. Mais aussi il a encouragé la politique d’ouverture pratiquée par la Snel avec les privés pour satisfaire la demande des populations et des industries. De cette note d’encouragement à la Snel, le ministre Kapanji a évoqué la réhabilitation des centrales hydroélectriques d’Inga I et d’Inga II qui fournissent actuellement 1000 mégawatts. Une production jamais atteinte dans le passé dans ces centrales qui ont une capacité installée de 1740 mégawatts, malgré les erreurs de conception sur certaines machines, a indiqué un cadre de la Snel sous le sceau d’anonymat.
Ces efforts de modernisation vont permettre de réduire le déficit observé dans les grandes villes comme Kinshasa et Lubumbashi qui accusent respectivement 600 et 410 mégawatts. S’agissant de la ville de Kinshasa, Bruno Kapanji a épinglé la construction en cours de la ligne électrique entre Inga et Kinshasa qui apporte 800 MW supplémentaires. Malgré ces apports, la solution, pour combler lé déficit national et répondre à la demande des pays amis, demeure le développement du site d’Inga par la construction des nouvelles centrales et atteindre le potentiel optimal du site de 44.000 mégawatts.
C’est pour cette raison qu’il a donné les détails de ce projet qui va se réaliser par étapes, partant d’Inga III, basse chute, à Inga III haute chute, pour atteindre Inga VIII. Le projet n’est plus un mythe, a-t-il rappelé, avant d’inviter les investisseurs français à accompagner ce processus. Il a rendu hommage aux bailleurs des fonds qui accompagnent la RDC à travers l’appui à la Snel dont l’électricité fournie est un facteur de base pour le développement des populations de la RDC.
Pour leur part, les investisseurs français ont salué la clarté institutionnelle présentée par le ministre Kapanji et son appel aux investissements en faveur du peuple congolais, ainsi que la solution idéale aux besoins en électricité nationale et régionale qui passe par le développement du site d’Inga.

Un état des lieux alarmant, mais une thérapeutique de choc est en cours
M. Eric Mbala Musanda a fait un état des lieux on ne peut plus exhaustif de son entreprise, partant de Kinshasa à l’arrière-pays, partout où la SNEL se trouve.
S’agissant particulièrement de la ville-province de Kinshasa, l’ingénieur Eric Mbala a fait observer que son entreprise, qui vient de fêter son 44ème anniversaire en 2014, devrait faire, dès sa naissance, du social, c’est-à-dire que le produit fourni ne devrait pas refléter la réalité du prix. C’est peut-être l’erreur du départ qui a mis dans la mémoire collective la culture de la gratuité qui hante désormais la population congolaise et son élite.
Pendant ce temps, la ville-province de Kinshasa devrait faire face à une implosion démographique, alors que les moyens financiers n’ont pas suivi pour faire face à cette situation.
La SNEL gère à ce jour des installations vétustes dont certaines fonctionnent depuis 1935, a rappelé M. Eric Mbala Musanda. La SNEL a réussi, à cet effet, à maintenir ces infrastructures, a-t-il fait remarquer. L’alimentation de la ville de Kinshasa a commencé par les centrales thermiques, avant les inaugurations des centrales hydroélectriques de Nsanga et de Zongo dans la province du Bas-Congo. Pendant ce temps, la province cuprifère du Katanga a vu les lancements des centrales hydroélectriques de Mwadingisha, Nzilo, Koni et Nsehe. Puis arrivent dans la partie Ouest du pays les centrales d’Inga I et d’Inga II dans le Bas-Congo, en passant en 1988, par la centrale de Mobayi-Mbongo dans la province de l’Equateur, sans oublier les centrales de Ruzizi 1 et 2, dans la partie Est du pays, qui alimentent le Nord Kivu.
Cette production réunie permet à la SNEL de gérer actuellement 2500 MW sur l’ensemble du territoire national, a indiqué M. Eric Mbala, s’adressant aux investisseurs français. Cette production n’est pas à même de satisfaire la demande nationale totale en énergie électrique. Mais la SNEL n’a pas croisé les bras face à cette situation et développe des stratégies pour maintenir le cap de fourniture de l’énergie électrique sur l’ensemble du pays.

Réhabiliter l’existant
La SNEL Sarl bénéficie, outre les efforts internes, d’un appui conséquent de la part des bailleurs de fonds. C’est ici l’occasion de rappeler les interventions de la Banque mondiale (BM), de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque européenne d’investissements (BEI). Ces derniers ont débloqué des fonds importants qui permettent à la SNEL de réhabiliter les installations électriques partant de la production à la distribution, en passant par le transport.
L’objectif pour la SNEL, a précisé l’AD Eric Mbala, est de récupérer 1000 mégawatts et augmenter la capacité de transport d’énergie vers les centres de consommation que sont les grandes agglomérations, les villes et les industries. Ces installations ne sont rien d’autre que les centrales d’Inga I et II, les centrales du Katanga, la Tshopo dans la province Orientale, sans oublier Zongo 1 dans la province du Bas-Congo.
C’est ici que le numéro un de la SNEL a pris en compte la construction de nouvelles centrales et le programme qui entend doubler les capacités de production en faveur des villes économiques de Kinshasa et du Katanga. Il a fait ici allusion à la construction de la 2ème ligne électrique entre Inga et Kinshasa. Cette nouvelle ligne, presque terminée, va apporter 1000 mégawatts supplémentaires sur Kinshasa. A cela s’ajoute la centrale de Zongo 2 en construction, qui va injecter, en 2015, 150 mégawatts sur les réseaux Ouest, à savoir : le Bas-Congo et Kinshasa qui est interconnecté avec la République du Congo.
La même interconnexion est observée dans la partie Est du pays où la RDC est reliée avec le Rwanda et le Burundi. Les trois pays se mobilisent pour réaliser Ruzizi 3, a affirmé M. Eric Mbala Musanda.
L’état actuel des infrastructures entraîne avec lui la problématique de surcharge des réseaux.

SNEL confrontée à la surcharge des réseaux
La SNEL est aussi confrontée à la surcharge des réseaux parce que son système électrique n’a pas suivi la demande, s’agissant de la ville de Kinshasa. Et la raison évoquée est que la population de la ville de Kinshasa s’est accrue de manière spectaculaire. De 200 personnes en 1950, elle est passée à plus de 10 millions d’habitants à ce jour. Malgré cette situation, de gros efforts ont été faits pour augmenter la production d’énergie et satisfaire la demande. Et Inga 1 et Inga 2 en sont des illustrations, même si ces centrales ont subi des erreurs de conception avec certaines turbines qui se sont arrêtées après quelques heures de fonctionnement, a indiqué M. Eric Mbala devant les entrepreneurs français.
Cette situation caractérisée par une demande croissante pousse la SNEL, malgré elle, à recourir au délestage à Kinshasa et à importer de l’électricité de la République de la Zambie. Sur ce dernier volet, l’AD de la SNEL a insisté sur la nécessité de trouver une solution en faveur des populations et des industries minières de cette province.
150 mégawatts sont donc importés de la Zambie depuis deux ans, alors que le commun des mortels sait que la RDC a toujours exporté de l’énergie électrique vers les pays amis dont ceux de l’Afrique australe.

La SNEL n’accepte pas de mourir
La SNEL est donc consciente de cette réalité liée à la croissance de la demande et à l’augmentation du taux de desserte nationale en électricité. C’est pour cette raison qu’elle développe des stratégies pour atteindre ses objectifs dont, parmi eux, figure le développement du partenariat public-privé qui permet à la SNEL, à ce jour, de bénéficier d’un appui des sociétés minières de la province du Katanga. Cet appui évalué à deux milliards de dollars américains, permettra de réhabiliter les anciennes centrales de la province du Katanga. Ces travaux, une fois terminés, permettront de doubler la capacité de fourniture d’énergie dans la province cuprifère.

La SNEL soutient le projet Grand Inga
Le projet de développement du site d’Inga est incontournable, a affirmé l’AD de la SNEL, soutenant que le développement du pays ne dépend pas seulement d’Inga. Le pays possède trois pools susceptibles de recevoir de nouvelles centrales hydroélectriques pour arroser le pays en énergie.
M. Eric Mbala a signalé également les efforts fournis par le gouvernement pour électrifier les provinces de Bandundu et des Kasaï par la construction en cours des centrales de Kakobola (Bandundu) et de Katende (Kasaï).
L’AD de la SNEL s’est dit satisfait de l’organisation de la semaine française de Kinshasa. Cette rencontre a permis à la SNEL de présenter son état des lieux et ses perspectives dans l’unique objectif de donner l’électricité à tous les Congolais et vendre aux pays amis dans le cadre du vœu du gouvernement qui veut faire de la RDC une puissance énergétique.
J.Y.
Publié le 29 Août 2014 - consulté 1995 fois